Nos missions n’ont jamais été aussi essentielles. Crises climatiques, enjeux sanitaires, transitions agricoles complexes: nos agents sont en première ligne, sollicités de toutes parts, attendus sur tous les fronts. Et pourtant, au lieu de la reconnaissance qu’ils méritent, c’est une accumulation d’injustices qu’ils se voient opposer — des réformes qui dégradent, des compensations qui insultent, et un silence institutionnel qui blesse. Pour la CFTC, la reconnaissance ne saurait rester un mot creux agité lors des cérémonies de vœux:elle doit se traduire concrètement, lisiblement, sur la fiche de paie.
Le déclassement des « personnes ressources » : un coup de massue inacceptable .
Comment espérer maintenir la motivation d’agents qui s’investissent pleinement dans l’animation de réseaux techniques, souvent bien au-delà de leurs attributions formelles, quand l’administration choisit précisément ce moment pour les faire rétrograder du groupe G1 au groupe G2.1 ? Ce déclassement n’est pas une simple mesure de réorganisation administrative : c’est un message envoyé à tous ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes sur le terrain, un message qui dit, en substance, que leur engagement ne vaut pas grand-chose. La CFTC le refuse catégoriquement. L’expertise technique doit être valorisée, encouragée, récompensée — non sacrifiée sur l’autel de contraintes budgétaires présentées comme incontournables alors qu’elles résultent de choix politiques contestables.
Nos revendications : justice, dignité et reconnaissance concrète !
La CFTC ne se contentera pas de protestations symboliques. Nous portons des revendications précises, articulées et non négociables. En premier lieu, un rattrapage du RIFSEEP permettant de compenser l’inflation accumulée depuis 2020, ne semble pas insensée afin que nos agents cessent de s’appauvrir en servant l’État.
Ensuite, l’abrogation pure et simple du déclassement G1 vers G2.1 imposé aux personnes ressources, dont l’expertise mérite d’être valorisée et non sanctionnée. Ce déclassement est une vraie erreur manifeste d’appréciation ; mais il y en a eu bien d’autres.
Enfin, nous réclamons également l’ouverture d’un vrai plan de requalification en catégorie A pour les agents qui exercent des fonctions d’expertise nationale, car la réalité des missions doit primer sur la rigidité des organigrammes.
Enfin, et c’est peut-être l’essentiel, nous demandons que la reconnaissance prenne une forme tangible et durable: non des remerciements de façade, mais une vraie progression de carrière, des perspectives claires, et la certitude que l’investissement professionnel sera effectivement récompensé.
La CFTC ne laissera pas l’expertise de nos agents être bradée.

Missions de catégorie A, statut de catégorie B : la double peine
Il existe une autre injustice, plus silencieuse peut-être, mais tout aussi révoltante. De plus en plus de nos référents nationaux, agents de catégorie B, assument au quotidien des missions qui relèvent pleinement de la catégorie A — en termes de responsabilités, de périmètre d’action, de complexité et d’impact. Ils le font sans en avoir ni le titre, ni la rémunération, ni la reconnaissance statutaire qui devrait naturellement accompagner ces fonctions. C’est une forme d’exploitation déguisée de l’expertise, habilement entretenue par une organisation du travail qui profite de l’engagement de nos collègues sans jamais consentir à en tirer les conséquences en matière de carrière. La CFTC le dénonce avec la plus grande fermeté et exige qu’un plan de requalification en catégorie A soit ouvert pour tous les agents qui exercent effectivement des missions d’expertise nationale.
Nous espérons beaucoup du rapport sur l’expertise tant attendu !

