Rédaction pour l’Alliance du Trèfle.
La session d’examens vient de s’achever. Des milliers de collègues y ont été convoqués comme examinateurs, correcteurs, surveillants ou chefs de centre. Voici quelques repères sur l’organisation qui pilote tout cela, une information pratique que beaucoup ignorent — et les deux difficultés qui nous sont remontées cette année.
MIREX, en deux mots
Les missions interrégionales des examens fonctionnent depuis le 1er septembre 2020, sur le fondement de l’arrêté du 1er octobre 1990 modifié par l’arrêté du 20 novembre 2019. Quatre en métropole — Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie — auxquelles s’ajoutent les MIREX ultramarines. Chacune est placée auprès d’une DRAAF ou d’une DAAF et couvre plusieurs régions.
Ce sont donc des services, avec des agents — 85 postes créés lors de la réorganisation — et non des applications informatiques. Celles-ci ont d’autres noms : Indexa2 pour les données d’inscription, ARPENT pour les téléservices destinés aux candidats et les relevés de notes, Plan’Eval pour la remontée des notes de CCF et la réalisation des convocations.
Chaque MIREX fonctionne selon le principe du guichet unique : elle assure l’entière gestion des examens sur son territoire de compétence — CAPa, baccalauréat professionnel agricole, baccalauréat technologique STAV, BTSA. Le cadre opérationnel en vigueur est fixé par la note de service DGER/SDPFE/2025-96 du 18 février 2025.
Contrairement à une idée répandue, la MIREX traite bien le volet financier : instruction des dossiers de vacations et de déplacements, saisie des états de frais, suivi des remboursements des acteurs convoqués. Le paiement lui-même relève ensuite des circuits comptables de la DRAAF porteuse.
L’échelle, pour situer
Le bilan présenté au comité social d’administration de l’enseignement agricole du 18 novembre 2025 ( CSA EA ) donne la mesure de l’opération, pour la session 2025 : 54 877 candidats, 688 centres de composition, 276 sujets écrits produits, environ 500 000 notes de contrôle en cours de formation saisies, 10 687 inscriptions assorties d’un aménagement d’épreuves.
Côté acteurs, le bilan de la session précédente recensait 19 006 agents ayant participé aux examens.
Frais de déplacement : une avance est possible
Voici l’information que presque personne n’utilise.
La note de service DGER/SDPFE/2023-342 du 24 mai 2023 décrit le traitement du remboursement des frais de déplacement et la procédure permettant aux jurys participant aux épreuves ponctuelles terminales de demander une avance de leurs frais. La demande est à adresser à la MIREX au plus tard 21 jours avant le début de la mission. Le cadre général reste celui du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 et, pour notre ministère, de l’arrêté du 8 juillet 2022.
Et le dispositif fonctionne : l’administration indique que chaque MIREX a mis en place une démarche simplifiée et a traité entre 120 et 150 avances de frais. Soit quelques centaines d’agents — sur près de 19 000 convoqués.
Autrement dit : la quasi-totalité des collègues avancent leurs frais sur leur propre trésorerie alors qu’ils n’y sont pas tenus. Faites circuler l’information autour de vous.
Pour les vacations, le même bilan indiquait 3 123 781,51 € mis en paiement à la mi-novembre sur un total de 3 200 000 €. L’essentiel est donc payé, mais toujours avec plusieurs mois de décalage après la session.
Les convocations se décident en amont
La MIREX ne construit pas ses listes d’examinateurs à partir de rien. Elle procède par enquêtes compétence et met à jour le vivier des examinateurs en relation avec les chefs d’établissement. La manière dont un établissement renseigne les disciplines et les compétences de ses enseignants détermine donc directement le volume et la nature des convocations reçues.
Une déclaration large ou jamais actualisée produit mécaniquement des convocations plus nombreuses, parfois éloignées du champ réel d’exercice de l’agent. Une déclaration précise, à l’inverse, protège les collègues.
En pratique : demandez à votre direction comment vos compétences sont déclarées, et faites-les rectifier si nécessaire. C’est le levier le plus direct, et il se situe dans l’établissement.
S’y ajoute une difficulté d’outil. Plan’Eval a précisément pour objet de fiabiliser la réalisation des convocations. Or l’administration a indiqué en novembre dernier que le calendrier n’avait pas été tenu par le marché de développeurs pour la session 2025. Un an plus tard, les collègues en constatent les effets.
Reste enfin la question du vivier. Dans certaines disciplines, le nombre de correcteurs mobilisables est structurellement trop faible, et aucune déclaration bien faite ne compense cela.
Les deux difficultés remontées cette année
La surcharge de convocations sur certains enseignants. Toujours un peu les mêmes, avec un cumul difficilement conciliable avec les classes restées en responsabilité. Une partie se joue dans l’établissement, comme on vient de le voir ; le reste relève d’une organisation nationale qui n’anticipe pas assez la répartition.
L’absence d’information lorsque le déplacement devient inutile. Des agents convoqués qui se déplacent, parfois loin, et découvrent sur place que leur présence n’était finalement pas nécessaire. Une journée perdue, des frais engagés, et le sentiment très légitime de ne pas avoir été considéré. Une information transmise à temps aurait suffi.
Ce que nous demandons
- Une information en temps réel des examinateurs en cas d’annulation ou de modification de leur mission, avec un circuit identifié et un interlocuteur désigné. Personne ne devrait faire deux heures de route pour l’apprendre sur place ;
- Une régulation du cumul des convocations, tenant compte des quotités de travail et des cours restant à assurer ;
- La fiabilisation de Plan’Eval sur le volet convocations, avec un calendrier tenu et une information des personnels sur les retards constatés ;
- Une communication systématique aux convoqués sur la possibilité de demander une avance de frais, dès l’envoi de la convocation ;
- Un bilan de fonctionnement des MIREX présenté en instance. Nous le demandons depuis la création de ces missions. La note de service qui les a instaurées prévoyait elle-même « une concertation approfondie et régulière avec les instances représentatives du personnel, au niveau national comme au niveau régional », et inscrivait le suivi dans le temps de la réorganisation parmi ses quatre axes d’accompagnement. Six ans après, ce bilan reste à produire.
Vos remontées nous sont utiles : l’Alliance du Trèfle à votre écoute .
Un dossier ne se construit qu’avec des faits. Si vous avez été convoqué en surnombre, déplacé sans nécessité, ou informé trop tard d’une annulation, écrivez-nous : dates, discipline, établissement, MIREX concernée.
Ces remontées ne restent pas dans un tiroir. Le déroulement de la session d’examens fait l’objet d’un point chaque automne devant le comité social d’administration de l’enseignement agricole( CSA EA ) . C’est là que nous porterons la session 2026, avec d’autant plus de poids que vos témoignages seront précis et nombreux.
Ces difficultés ne se règlent pas en opposant les enseignants aux agents des MIREX. Les uns et les autres se trouvent aux deux extrémités de la même chaîne, et aucun des deux n’en a choisi le dimensionnement.

