Les chiffres publiés par le ministère sont sans appel et méritent qu’on s’y arrête. Le métier de Technicien Supérieur du Ministère de l’Agriculture (TSMA), article suivant dans le petit journal, qui représente le cœur de notre expertise collective, que ce soit à l’agriculture ou à l’écologie souffre d’un déficit de candidatures alarmant : à peine 1,94 candidat par poste en grade T1, et 3,33 en grade T2.
Voir notre article sur le sujet parcours des techniciens : https://www.syndicatnationalcftcministereagricultureetetablissements.fr/2026/03/20/gt-du-11-mars-2026-sur-levolution-du-recrutement-et-de-la-formation-des-tsma/
Des ratios qui, dans bien des professions comparables, seraient jugés comme des signaux d’alarme. Notre analyse est claire : ce n’est pas l’intérêt pour nos missions qui manque — ces missions, nous le savons, ont du sens et de l’utilité et sont souvent passionnantes — c’est avant tout la reconnaissance qui fait défaut.
Des conditions d’entrée perçues comme trop rigides, des perspectives salariales insuffisantes au regard du niveau d’expertise exigé, et une visibilité trop faible de nos métiers auprès des jeunes diplômés : voilà les freins réels qu’il nous faut lever collectivement.
2026, une année charnière qu’il ne faut pas gâcher !
L’administration semble, cette année, avoir pris la mesure de l’urgence. Pas moins de 105 opérations de recrutement sont programmées en 2026, dont 87 concours destinés au renouvellement des effectifs et 18 examens professionnels visant à valoriser la promotion interne. C’est un signal positif, et nous le reconnaissons volontiers. Mais ouvrir des postes ne suffit pas. Encore faut-il que les lauréats trouvent, à leur arrivée, un environnement d’accueil1 à la hauteur de leurs attentes et de leurs compétences. La CFTC sera vigilante pour que cette mobilisation ne se réduise pas à un simple effet d’annonce, et s’assurera que derrière les chiffres se trouvent de véritables engagements pour l’intégration et l’accompagnement des nouveaux agents.
La proximité, est également une condition indispensable à la fidélisation.
Un agent qui débute sa carrière sans savoir dans quelle région il exercera, sans pouvoir se projeter, sans pouvoir s’ancrer dans un territoire, est un agent dont on fragilise l’engagement dès le premier jour.
C’est pourquoi nous saluons les efforts engagés pour simplifier les premières affectations, notamment à travers les Concours Nationaux à Affectation Locale (CNAL) et une meilleure prise en compte des vœux géographiques des lauréats. Pour la CFTC, faciliter l’installation locale n’est pas un détail administratif : c’est une condition fondamentale pour que nos agents s’épanouissent, s’investissent durablement et deviennent les acteurs de terrain dont nos territoires ont besoin. Un agent enraciné dans son territoire, c’est un agent efficace et motivé sur le long terme.
1 Quid du sujet logement notamment sur la région Capitale ou dans des grandes métropoles ?

