Les syndicats ont – ils à s’inquiéter pour leur droit à l’expression dans les mois à venir ?

« Ingérences intérieures » : au Sénat, un rapport sur la désinformation crée la polémique https://share.google/YuQmULAJysrcX8m68

Le concept d’« ingérences intérieures[1] » émerge d’un rapport parlementaire au Sénat de juillet 2026 portant sur la désinformation en ligne.

Ce rapport est distinct du sujet du projet de loi relatif à la lutte contre les ingérences étrangères dans la vie démocratique présenté en Conseil des ministres en juillet 2026. Les liens sont ténus…mais possibles.

1- Le rapport sur l’ingérence intérieure :

Public Sénat, chaîne sérieuse s’il en est, en a fait un article le 16/07/2026.

https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/ingerences-interieures-au-senat-un-rapport-sur-la-desinformation-cree-la-polemique

Nous y lisons : «  le rapport ambitionne de répondre aux bouleversements du paysage médiatique provoqués par les plateformes numériques, les influenceurs, les algorithmes et l’intelligence artificielle. À l’approche des échéances électorales de 2027, ses auteurs (du rapport) entendent combler ce qu’ils considèrent comme un vide dans la régulation des campagnes de manipulation de l’information. »

            Au cœur du rapport, figure une proposition dans l’air du temps : la création, avant la présidentielle de 2027, d’un « observatoire indépendant de la désinformation ».

Le débat est lancé, les élus s’étripent ! Qui est de gauche, qui est de droite sur un tel sujet fondamental pour un pays comme le nôtre.

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-senat-invente-l-etonnant-concept-d-ingerence-interieure-pour-justifier-un-controle-renforce-d-internet-20260715

De plus, à l’heure des économies, est – ce bien utile de créer un observatoire me direz-vous ? Encore un comité, une institution qui pourrait dormir dans un placard doré à nos frais. Indépendant de qui ? De quoi ?

Le titre sonne en plus comme dans un roman dystopique …c’est fort ennuyeux.

2- Qu’en est-il concrètement pour les syndicats me direz-vous ?

En effet, les OS ont bien souvent à critiquer, à prendre position sur des sujets bien évidemment politiques puisque les projets ou propositions de lois sont portés par le politique, dans le cadre d’un agenda politique. Tous nos textes de droit codifiés ou non codifiés sont des textes politiques…c’est une évidence sauf à ne rien avoir compris. 

La loi sur les 35h, les congés payés, les textes relatifs à des délégations de secteurs publics au privé, choisir d’insister sur tel ou tel point concernant la fonction publique, les remboursements des médicaments[2] etc. sont politiques.

Face à ces textes, face aux applications des lois et à la prise des décrets y afférents, nous, OS, avons un devoir de vigilance en tant que syndicats. Nous informons, communiquons et c’est vrai, parfois, nous orientons, influençons un peu le débat. C’est le principe du syndicat.

La France est un pays de débats, de Démocratie et donc de contestations.

Tous les sujets, même ceux non liés aux droits des travailleurs, sont abordés très fréquemment par les OS. Petits florilèges (sans intention de cibler un sujet ou une OS) ci-dessous pris sur les annonces d’actualités :

https://www.cftc.fr/actualites/transition-energetique-et-loi-climat-comment-lier-urgence-climatique-et-sociale

https://www.humanite.fr/monde/-/gaza-cfdt-cftc-unsa-syndicats

https://cftc57.fr/ukraine-contre-la-guerre-pour-la-paix-immediate/

https://www.cgtetat.fr/societe-959/economie-fiscalite/article/decryptage-cgt-finances-publiques-comment-taxer-les-riches-autant-que-les

La CFDT défend la taxation de l’héritage « dès le premier euro» et la mise à contribution des retraités les plus aisés ( sur RTL la secrétaire générale du syndicat a rappelé que son organisation «s’est déclarée favorable à une mise à contribution pour les retraités les plus aisés », sans pour autant définir un seuil.)

Dès lors à partir du moment où nous ne partagerions pas la position du gouvernement en place dans les mois à venir, quel que soit le Premier ministre, les choses pourraient-elles tourner au vinaigre ?

Est-ce de la fausse information, de l’influence que de monter au créneau pour s’agacer, dénoncer telle ou telle politique, tel ou tel évènement ?

https://www.solidaires.org/suicides-a-matignon-letat-employeur-doit-rendre-des-comptes/

Critiquer l’orientation des fonds publics, les investissements ou les non investissements, défendre la souveraineté alimentaire ou industrielle du pays avec des références qui ne sont pas obligatoirement celles attendues par le gouvernement, est-ce une ingérence intérieure néfaste ?

            Nos sites internet, nos revues, nos passages sur les réseaux sociaux et l’usage que nous faisons parfois de l’IA vont – ils devenir des moyens interdits ? Ce sont nos moyens de donner, de transmettre notre point de vue et de critiquer voire de moquer : il ne s’agit pas de jeux ou de BD. Nous OS ne parlons que de sujets forts pour les agents publics, de sujets qui fâchent voire d’infractions pénales !


[1] Le terme d’ingérence existe déjà dans la loi 2024 sur l’ingérence étrangère par exemple.https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050052193

[2] https://lnkd.in/p/eXFEKdMg

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *